🙏 La prière des frères

Préambule

Depuis quelque temps, nos paroisses Saint-Benoît des Monts et Notre-Dame du Fief proposent, lors de veillées et de certaines célébrations, un temps particulier appelé la « Prière des frères ». Cette démarche simple et fraternelle suscite à la fois un réel intérêt… et parfois aussi des questions : de quoi s’agit-il ?  d’où sela vient-il ? Que demander à Dieu ? Afin d’éclairer chacun avec justesse et profondeur, nous vous proposons ici de découvrir un éclairage issu de la revue La Vie magazine, qui s’appuie notamment sur les enseignements de Baudouin Ardillier, et d’Etienne Grenet.

Les extraits et synthèses présentés ci-dessous vous permettront de mieux comprendre l’origine, le sens et la richesse de cette prière vécue en Église.

➡️ Article source : https://www.lavie.fr

➡️ Ouvrage de référence :
 Baudouin Ardillier (Éditions des Béatitudes)
 Etienne Grenet  (Éditions de l’Emmanuel)

La Prière des frères

De quoi s’agit-il ?

« La prière des frères est un service fraternel, tout simple, qui porte de nombreux fruits », explique Étienne Grenet, prêtre, concepteur de formations en la matière dans le diocèse de Paris. Il s’agit d’accueillir et de porter, à plusieurs, la prière que quelqu’un d’autre adresse au ­Seigneur. Concrètement, de petits groupes de deux ou trois personnes se tiennent à disposition. La personne qui vient à eux leur confie une intention qui peut être aussi bien le désir de rencontrer le Christ qu’une difficulté concrète. Pendant que l’un écoute, échange avec elle quelques paroles, l’autre prie l’Esprit saint.

D’où cela vient-il ?

La démarche de prier pour un frère remonte aux origines mêmes de l’Église. Les premiers chrétiens y ont clairement reconnu une des modalités du commandement laissé par Jésus à ses disciples :

« Aimez-vous les uns les autres, comme je vous ai aimés » (Jean 13, 34)

et la concrétisation de cette recommandation :

« Si deux d’entre vous, sur la terre, unissent leurs voix pour demander quoi que ce soit, cela leur sera accordé par mon Père qui est aux cieux » ­(Matthieu 18, 19).

« Quand les hommes s’unissent pour invoquer le père du Ciel, il déverse des grâces innombrables dans les cœurs de ceux qui ont humblement accepté que l’on prie pour eux »,

renchérit Baudouin Ardillier, prêtre, témoin de conversions et de ­guérisons multiples dans sa paroisse provençale et auteur du guide la Prière des frères (Éditions des Béatitudes).

Que demander à Dieu ?

« Le Seigneur demande aux hommes de demander, dit en souriant Étienne ­Grenet. Dieu vient chercher sur nos lèvres une formulation précise, car c’est notre dignité de pouvoir dialoguer avec lui », insiste le prêtre, qui s’exerce lui-même à exprimer « fréquemment des demandes simples et sans filtres ».

Il s’agit d’entrer dans la chair de notre existence. Qu’avons-nous réellement sur le cœur et dans les tripes ? Pour le savoir, le prêtre parisien propose un exercice. En silence, pendant quelques instants, en présence de Dieu, lisons cette parole du psaume : « J’ai demandé une chose au Seigneur, la seule que je cherche. » Murmurons-la tranquillement 10 ou 20 fois au rythme de notre respiration. Lorsque quelque chose d’assez précis nous vient à l’esprit, nous pouvons aller présenter à Jésus cette intention.

Qu’en disent les priants ?

« Viens, Esprit saint ! Viens mettre dans ma bouche des paroles qui viennent de toi ! »,
« Seigneur, faut-il que je parle maintenant ou que je me taise ? »

 supplient les priants.

Le plongeon dans l’intercession de celui qui est là dure tout au plus cinq minutes. Les priants sont des serviteurs. « Ils supplient aux côtés de qui se présente jusqu’à toucher le cœur de Dieu », explique Baudouin Ardillier. La réponse de Dieu peut alors se manifester sous la forme d’« une motion secrète donnée à l’âme du priant ». « Il sent intérieurement que le Seigneur est là et qu’il a entendu la prière. » 

Parfois, « des paroles claires me sont données, témoigne Véronique, mère de famille et paroissienne de Saint-Ruf. Souvent, je ne comprends pas, je décris seulement une image qui me vient. À un détail, la personne comprend que c’est pour elle. »

Comment se préparent-ils ?

Cette paroissienne insiste sur la préparation du cœur et sur l’accompagnement spirituel nécessaires pour exercer ce charisme. Baudouin Ardillier, lui, jeûne volontiers au préalable. Paule et Jean-Michel arrivent toujours en avance le jour J pour louer avec les autres priants et se mettre au diapason de l’Esprit saint. Comme pour Véronique, les intentions qu’on leur a confiées continuent à habiter leur prière personnelle les jours suivants.

Pourquoi la proposer en paroisse ?

« Proposer la prière des frères dans une communauté paroissiale a beaucoup de sens et de fécondité, ajoute Étienne ­Grenet. C’est un moyen d’intensifier la vie fraternelle et de vivifier profondément la relation personnelle avec Jésus. » Longtemps cantonnée dans les groupes de prières charismatiques, cette prière se développe aujourd’hui dans les paroisses. À Sainte-Blandine, à Lyon, par exemple, elle est proposée après la communion, lors de certaines messes dominicales.